La Somatic
Experiencing

créée par Dr Peter Levine

Comment se fait-il que les animaux sauvages, exposés constamment à des dangers mortels, ne développent pas de manifestations de stress post-traumatique?

C’est la question que s’est posée le Dr Peter Levine dès les années 1970.

Peter Levine est titulaire d’un Doctorat en Biophysique et d’un Doctorat en Psychologie.

C’est suite à cette question et aux réponses qu’il y a trouvées qu’il a créé la Somatic Experiencing, une pratique d’accompagnement à la résolution du trauma de choc qui bénéficie aujourd'hui d’un large succès.

Pour répondre à cette question, il a observé le comportement de ces animaux sauvages dans leur environnement naturel, et leurs réactions face au danger.

Il s’est ainsi rendu compte qu’à l’état sauvage, les animaux disposent de trois réponses de défense face à l’adversité: le combat, la fuite ou le figement, qui peut se manifester sous forme d’effondrement, sans tonus, ou sous forme de tétanie, avec tonus.

Le combat, la fuite, le figement: des réponses naturelles du système nerveux autonome face à l’adversité

Le combat est disponible quand le danger est surmontable.

La fuite, quand l’animal n’a aucune chance de gagner contre le prédateur.

Le figement, quand ni le combat ni la fuite ne sont possibles: le prédateur est plus fort, et plus rapide.

Le figement vient avec un double avantage: d’une part, le système est saturé d’hormones qui anesthésient la douleur d’une attaque mortelle.

D’autre part, le figement peut induire le prédateur en erreur: croyant que sa proie est déjà morte, il peut s’en détourner et offrir à celle-ci une fenêtre de fuite salvatrice.

Ces réponses ne sont pas des choix conscients.

Ce sont des réponses naturelles, biologiques, déclenchées par le système nerveux autonome de l’animal.

Son système nerveux autonome scanne en permanence son environnement afin d’y répondre de manière adéquate, pour le maintenir en sécurité et assurer sa survie.

Regardez la vidéo ci-dessous, qui illustre à merveille ce mécanisme.

Que se passe-t-il lorsque l’animal sort du figement?

Avez-vous remarqué ce qu’il se passe lorsque l’impala se redresse?

Il tremble.

Lorsque l’animal sauvage sort du figement, son système nerveux autonome décharge toute l’énergie qui a été mobilisée pour pouvoir l’intégrer.

L’animal sauvage ne retourne pas vaquer à ses occupations comme si de rien n’était.

La réponse de figement mobilise une énorme quantité d’énergie.

Pensez à la souris prise dans les griffes du chat.
Imaginez la terreur.
L’envie de fuir.

Et toute l’énergie que son système nerveux autonome doit mobiliser pour ne pas le faire.

Une fois libre, elle ne peut pas simplement reprendre le cours de sa vie.

Pour retrouver l’homéostasie, c’est-à-dire un état d’équilibre physiologique, le système nerveux autonome de l’animal va naturellement décharger l’énergie mobilisée.

C’est ce qui va lui permettre d’intégrer l’évènement et de pouvoir effectivement reprendre le cours de sa vie.

Et chez l’être humain?

L’être humain, contrairement à l’animal, ne s’offre que très rarement la possibilité de décharger et d’intégrer toute l’énergie que son système a dû mobiliser pour se défendre face à l’adversité.

Que ce soit par des cris, des pleurs, des tremblements, des mouvements involontaires: en tant qu’êtres humains, nous avons tendance à juger et réprimer ces réponses pourtant parfaitement naturelles à une expérience vécue comme menaçante ou mortellement dangereuse.

Avez-vous déjà manqué de vous faire écraser en traversant la route?

Rien de grave: la voiture s’est arrêtée.

Pourtant, peut-être vous êtes-vous figé·e?

Que s’est-il passé ensuite?

Avez-vous repris le cours de votre journée comme si de rien n’était?

Ou vous êtes-vous réellement offert le temps de processer physiologiquement la peur que vous avez eue?

La dernière fois que vous avez été en conflit intense avec un·e proche, un·e collègue ou un·e supérieur·e hiérarchique, qu’avez-vous fait ensuite?

Vous êtes-vous offert un espace où achever votre réponse de combat ou avez-vous repris le cours de votre journée comme si de rien n’était?

En vous jetant peut-être sur un paquet de gâteaux en rentrant le soir ou en ruminant pendant dix jours après l’évènement. D’ailleurs rien que d’y repenser…

La capacité naturelle de notre système nerveux autonome à s’autoréguler

Voilà ce sur quoi Peter Levine a mis le doigt.

La reconnexion à cette capacité naturelle que nous avons perdue: voilà ce que la Somatic Experiencing facilite.

La Somatic Experiencing offre la possibilité, dans l’ici et maintenant, d’achever les réponses psycho-physiologiques déclenchées par l’adversité qui n’ont pas pu être achevées dans le passé.

Voyez-vous, toute cette énergie qui a été mobilisée pour nous protéger ne disparaît pas.

Elle se maintient dans le système, et peut se manifester, à titre d’exemple et de manière non-exhaustive, par:

  • des ruminations;

  • des douleurs chroniques;

  • des réactions émotionnelles qui nous paraissent disproportionnées aux situations présentes;

  • des pensées négatives envers soi et les autres;

  • de l’anxiété;

  • ou au contraire, lorsque le système n’a plus la capacité de contenir toute cette énergie, un épuisement chronique;

  • une apathie;

  • un manque de motivation;

  • une difficulté à vous mobiliser.

Concrètement, comment fonctionne la Somatic Experiencing?

Tout dépend de ce que vous avez vécu, et c’est précisément ce qui distingue la Somatic Experiencing de nombreuses autres approches.

La Somatic Experiencing est particulièrement douce et respectueuse de la personne accompagnée et de son histoire.

Elle n’impose aucun protocole, aucun dogme.

Elle s’adapte à votre rythme.
Pas l’inverse.

Il ne s’agit pas de “sortir du figement”.

Il s’agit de réunir les conditions nécessaires à la capacité naturelle de votre système nerveux autonome à s’autoréguler.

Lorsque vous vous sentez en sécurité, les réponses de combat ou de fuite qui ont été figées émergent d’elles-mêmes.

Grâce à des techniques propres à la Somatic Experiencing, et en suivant naturellement l’intelligence de votre système, elles peuvent alors être déchargées et intégrées.

Quelles sont les limites de la Somatic Experiencing?

La Somatic Experiencing accompagne merveilleusement bien la résolution des traumas simples, aussi appelés traumas de choc.

Accident de voiture, chute, agression: tout cela se renégocie avec aisance lorsque vous êtes bien accompagné·e et que vous avez eu, par ailleurs, un parcours de vie optimal.

Néanmoins, dans la plupart des situations, la Somatic Experiencing ne suffit pas.

Parce que le trauma n’est pas seulement cette énergie de défense qui a été mobilisée et qui circule encore sous différentes manières dans notre système.

Le trauma, pour beaucoup d’entre nous, ce sont toutes ces adaptations relationnelles que nous avons dû mettre en place pour nous développer au mieux dans un environnement dont les circonstances n’étaient pourtant pas favorables à notre développement.

Et, à l’âge adulte, cela va se manifester non pas nécessairement suite à un trauma de choc, mais dans la manière dont nous entrons en relation avec nous-mêmes, et les autres.

Quand le trauma n’est pas la dérégulation du système nerveux autonome, mais la stratégie relationnelle qui entretient la dérégulation

Ces adaptations, mises en place dans l’enfance, vivent encore en nous.

D’ailleurs, elles sont souvent devenues des réflexes.

Des mécanismes automatiques.

Des fonctionnements intégrés comme nos identités.

Des croyances que nous tenons pour absolument vraies à propos de nous-mêmes, des autres et du reste du monde.

Sans en avoir conscience, sans le faire volontairement, nous entretenons à l’âge adulte les stratégies et les croyances qui nous ont protégé·e·s lorsque nous étions enfants mais qui, aujourd'hui, nous empêchent de vivre pleinement ce à quoi nous aspirons: des relations profondes et épanouissantes, une confiance ancrée en l’avenir, plus de douceur et de sérénité au quotidien.

À notre insu, ce que nous avons dû mettre en place pour nous adapter à notre environnement est précisément ce qui aujourd'hui entraîne la dérégulation de notre système nerveux autonome.

Nous concentrer sur la régulation du système nerveux sans adresser les stratégies qui nourrissent la dérégulation, c’est un peu comme vider constamment l’eau d’un bain que nous trouvons trop chaud, sans pour autant fermer le robinet d’eau chaude.

Certes, on stabilise la température, mais à quel prix?

Et est-ce vraiment durable?

Coralie Gueneau,
NARM-P, SE-P

NeuroAffective Relational Model®
Rest and Restore Protocol®
Safe and Sound Protocol®
Somatic Experiencing®

© 2026 Coralie Gueneau. Tous droits réservés.