Le NARM
NeuroAffective
Relational Model

créé par Dr Laurence Heller

Qu’est-ce que le trauma développemental, ou trauma du développement?

Pour grandir et s’épanouir à l’âge adulte, l’enfant n’a pas seulement besoin d'être nourri, logé et emmené à l'école à l'heure.

En tant qu’êtres humains, nous naissons avec certains besoins fondamentaux.

Durant nos premières années de vie, nos besoins ne peuvent être comblés que dans et par le lien avec nos figures d’attachement, c’est-à-dire avec les adultes qui s’occupent de nous.

Lorsque nos besoins sont comblés par l’environnement relationnel dans lequel nous grandissons, notre développement biopsychologique se fait de manière optimale.

Nous développons alors certaines capacités fondamentales, qui nous permettront à l’âge adulte, de naviguer la vie avec fluidité, en faisant l’expérience de la connexion et de la vitalité: sentir ce qui se passe en nous, identifier ce dont nous avons besoin, faire confiance aux autres, oser dire non, aimer et désirer.

Nous sentir bien, à notre place, en lien avec le monde qui nous entoure, capables de traverser la vie et ses challenges

Ce ne sont pas des expériences aléatoires, auxquelles certain·e·s d’entre nous auraient droit et d’autres non.

C’est la conséquence normale et naturelle, à l’âge adulte, d’un développement biopsychologique optimal qui a été favorisé, dans l’enfance, par un environnement relationnel en mesure de répondre à nos besoins fondamentaux.

Lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits par notre environnement, de manière chronique, longue et répétée, et ce quelle qu’en soit la raison, nous devons, parfois même dès les premiers battements de notre cœur, mettre en place des stratégies cognitives, comportementales et physiologiques pour y survivre.

Ces stratégies ne sont ni des défaillances, ni des choix conscients que nous faisons

Ce sont des adaptations indispensables à notre survie.

Nous n’avons pas d’autres choix que de nous adapter, biologiquement et psychologiquement, à une situation où nos besoins fondamentaux ne sont pas comblés.

Pas toujours parce que nous avons eu de mauvais parents. Souvent parce que nous avons eu des parents humains. Imparfaits, composant à l’âge adulte avec leurs propres stratégies, celles qu’ils ont dû eux-mêmes mettre en place enfant pour survivre à l’insatisfaction de leurs propres besoins.

C’est ce qu’on appelle le trauma développemental: l’adaptation biopsychologique de notre organisme encore en développement à un environnement relationnel qui, pour quelque raison que ce soit, n'est pas en mesure de répondre à nos besoins fondamentaux.

Le NARM — NeuroAffective Relational Model de Larry Heller

Titulaire d’un Doctorat en Psychologie Clinique, le Dr Laurence Heller a pratiqué pendant plus de vingt ans des modalités telles que la Gestalt, la Somatic Experiencing et la psychothérapie psychodynamique.

Il s’est aperçu qu’un manque important subsistait dans les modèles existants pour aborder le trauma développemental précoce.

C’est de ce constat qu’est né le NARM — Modèle Neuro-Affectif Relationnel, qui offre une grille de lecture précieuse de l’expérience humaine.

Le NARM accompagne la résolution du trauma développemental, y compris lorsque celui-ci est précoce: prénatal, périnatal ou préverbal.

Le NARM distingue cinq besoins fondamentaux

En tant qu’êtres humains, nous faisons tous et toutes l’expérience de ces cinq besoins fondamentaux.

Le besoin de connexion.

Être accueilli·e·s dans ce monde.

Nous y sentir en sécurité, bienvenu·e·s.

Être en contact avec notre corps, nos émotions, et pouvoir être en lien avec les autres de manière stable.

Le besoin de syntonie — aussi appelée accordage affectif.

Savoir ce dont nous avons besoin.

Pouvoir le reconnaître, l'exprimer, et recevoir ce que la vie a à nous offrir.

Le besoin de confiance.

Pouvoir compter sur les autres.

Nous sentir suffisamment en sécurité pour dépendre de quelqu'un — et pour que quelqu'un dépende de nous, sans que cette dépendance devienne une transaction.

Le besoin d’autonomie.

Pouvoir dire non.

Poser nos limites.

Exprimer ce que nous pensons et ce que nous voulons, sans avoir peur de la réaction de l'autre.

Le besoin d’amour et de sexualité.

Aimer le cœur ouvert.

Nous sentir aimé·e·s pour ce que nous sommes, et non pour ce que nous accomplissons.

Pouvoir, à l'âge adulte, vivre dans une même relation la douceur de l'amour et l'excitation du désir sexuel.

Durant les premières années de notre vie, ces besoins ne peuvent être comblés que dans et par la relation avec nos figures d’attachement.

Leur satisfaction au cours de notre développement conditionne notre capacité, à l'âge adulte, à nous sentir bien, en lien, et à notre place.

🌺 N.B.: Au cours de l’enfance et l’adolescence, le besoin d’amour et de sexualité désigne le besoin de pouvoir ressentir et exprimer pleinement son amour, et de se familiariser avec sa sexualité sans honte ni culpabilité.

Lorsque l’un ou plusieurs de nos besoins restent insatisfaits, assez souvent et assez longtemps pour que nous devions nous y adapter, nous développons des stratégies cognitives, physiologiques et comportementales pour continuer à grandir malgré tout.

En NARM, ces stratégies portent tout simplement le nom du besoin dont elles visent à compenser l’insatisfaction.

On parle alors de modes de survie.

Le NARM: une approche humaniste

Si vous êtes un tant soit peu comme moi, vous n'aimez probablement pas être enfermé·e dans une case et vous méfiez peut-être des approches qui dressent des portraits-types.

Vous aimez être vu·e tel·le que vous êtes: un·e humain·e qui fait de son mieux pour traverser la vie et ses challenges.

C'est aussi ainsi que le NARM vous regarde.

Il ne s'agit en aucun cas de nous réduire à nos dynamiques relationnelles.

Il s'agit d'en prendre conscience, dans le lien et dans l'instant, pour pouvoir, progressivement, nous offrir la liberté de faire autrement.

Car oui, que nous le voulions ou non, nous jouons un rôle actif dans ce qui nous arrive aujourd'hui.

Et c'est plutôt une bonne nouvelle: cela signifie qu'on a le pouvoir d'influencer le cours de notre vie.

Le NARM est une approche humaniste qui appréhende la personne accompagnée pour ce qu'elle est: un être humain, et non un objet à réparer.

Comment travaille-t-on en NARM?

Le NARM s’appuie sur quatre piliers.

Ce que vous voulez pour vous-même.

Pas ce que vous croyez devoir vouloir.

Pas ce qu’il est raisonnable de vouloir.

Ce que vous, ici et maintenant, voudriez vivre dans votre vie. Même si cela vous semble irréaliste.

Chaque session commence par là.

C'est ce qu’on appelle l'intentionnalité: votre intention guide notre travail, telle une boussole, du début à la fin.

La curiosité.

Une fois que vous savez ce que vous voulez, nous explorons ensemble ce qui y fait obstacle, qu’il s’agisse de faits réels, de croyances ou d’émotions.

Et surtout, nous explorons la manière dont vous entrez en relation avec ces obstacles.

Non pas en cherchant des explications dans votre passé, mais en portant une curiosité sincère et bienveillante à ce qui se passe en vous, ici, pendant que nous en parlons: une pensée qui surgit, une tension dans la gorge, l'envie de changer de sujet.

Rien n'est à corriger.

Tout est à explorer, ensemble.

Votre part.

Ce qui vous est arrivé enfant n'était pas de votre fait.

Ce que vous en faites aujourd'hui, si.

Le NARM s'intéresse à la manière dont, sans le vouloir, vous continuez à entretenir les stratégies qui vous ont protégé·e, et à ce qui devient possible dès que vous y apportez une curiosité sincère et bienveillante.

Ce qui change, pendant que ça change.

Quand une stratégie se relâche, cela se ressent avant de se comprendre: une respiration plus ample, une émotion qui passe, un silence qui n'est plus gêné.

En NARM, nous nous arrêtons sur ces moments.

Pas pour les analyser — pour que votre système les intègre, et apprenne qu'une autre expérience est possible.

C'est dans ces quatre mouvements que les stratégies que vous avez dû mettre en place enfant se révèlent d'elles-mêmes.

Et qu'elles cessent, progressivement, de décider à votre place.